CHEAP666/003 – Valparaiso

Joy As A Toy réunit 3 vétérans de l’impossible (Gilles Mortio, Clement Nourry et Jean Philippe De Gheest) qui assouvissent enfin complètement leurs désirs de joies et de jeux avec ce projet. Leur musique se veut exutoire et fédératrice, son but premier est de faire danser son public. Un rock hybride, foisonnant et échappant à toute linéarité qui passe sans sourciller de mélodies simples et aérées à des délires soniques proches du psychédélisme.
S’il est évident que le résultat peut laisser le public sur les rotules, complètement vidé, il n’est pas sûr qu’il fera forcément danser tout le monde. Cette ambivalence est totalement assumée par le groupe, maître des dancefloors tout aussi capable de jouer du revers et sucer l’énergie de l’auditeur. C’est même une marque déposée pour Joy As A Toy, qui s’auto-proclame pratiquer de la “tennis pop” et du “vampire rock”.
Cette dernière appellation grand-guignolesque ne pouvait bien entendu qu’attiser la convoitise de Cheap Satanism Records. De fait, les pseudo-satanistes derrière le jeune label bruxellois ne se sont pas fait prier pour pactiser avec le trio de musiciens.
Il ressort de cette union un monstre de 43 minutes intitulé Valparaiso, le nom de cette ville chilienne qui est le seul point commun dans la liste des destinations que n’ont jamais tenté les membres du groupe. Enregistré à Bruxelles en 2 jours avec des invités de luxe comme Mai Lev, Fred “Lyenn” Jaques et la virevoltante vibraphoniste belgo-berlinoise Els Vandeweyer, Valparaiso est un condensé d’excitation intense, de débauche d’énergie, de poésie et d’humour débridé. Une sorte de mélange explosif entre les Talking Heads et Robert Wyatt, saupoudré d’une bonne dose de second degré dont le ton n’est pas sans rappeler les iconoclastes américains de Deerhoof.

