Extension du domaine de la chute

Cet article a été publié initialement dans la dernière édition du Magazine 4 (le fanzine officiel du Magasin 4).
Etant derrière un label sans but lucratif organisant pas mal de concerts alternatifs, je pense avoir un avis plus ou moins pertinent sur la problématique du paiement des artistes.  Alors quand est venue l'heure de s'arrêter sur le sommaire  du Magazine 4, j'ai proposé ce sujet.

Illustration-Magazine-4.png

Il y a 25 ans, alors que le Magasin 4 s’apprêtait à ouvrir ses portes, Jordy entamait sa dernière année de carrière. Si vous n’avez pas connu ce phénomène de foire, sachez qu’il s’agissait d’un enfant qui, 2 ans plus tôt, s’était hissé au sommet de plusieurs hit-parades européens avec le tube "Dur dur d'être un bébé !" Il avait 4 ans à l’époque. Il figure ainsi dans le Livre Guinness des records comme le plus jeune chanteur ayant signé un numéro 1. Sa carrière a duré 3 ans durant lesquels il a écoulé plus de 6 millions de disques et accumulé une fortune de plus de 10 millions d’euros. Sans surprise, derrière ce conte de fées, il y a une histoire moins glorieuse. Le père de Jordy, compositeur et manager, a dilapidé tout le pactole en un temps qui mériterait lui aussi de figurer dans les annales. Il a même ouvert un parc animalier !

Si cette histoire s’était déroulée aujourd’hui, il y aurait peu de chance qu’elle se termine par un zoo en faillite. De nos jours, un succès se mesure en nombre d’écoutes sur des services comme Spotify ou de vues sur YouTube. Les ventes de disques physiques diminuent d’année en année. Le baroud d’honneur du vinyle ne permet pas de compenser le manque à gagner. Cela fait d’ailleurs des lustres que les singles comme "Dur dur d’être un bébé" ne bénéficient même plus d’une sortie physique. En 2019, Jordy aurait été l’enfant star aux 60 millions d’écoutes et 30 millions de vues. La mauvaise nouvelle pour son père, c’est que des écoutes et des vues rapportent beaucoup moins que la vente de disques physiques.  "C’était mieux avant", diront certains.

A plus ou moins 0,0040€ l’écoute et 0,00075€ la vue, la petite entreprise familiale derrière Jordy n’aurait récolté "que" 262.500€. Certes, elle aurait également pu compter sur les droits d’auteurs liés aux passages radios et télés. Il y aurait certainement eu des contrats publicitaires pour des marques de caleçons pour enfant. Cependant, il y a fort à parier que le cap du million d'euros n’aurait jamais été dépassé. Aucun animal n’aurait été exploité dans la foulée.

De nos jours, la meilleure façon de capitaliser un succès musical est d’enchaîner les concerts bien payés. Malheureusement, dans le cas de Jordy, la législation sur le travail des enfants aurait certainement empêché son père d’avoir recours à cette solution. Il reste toujours les tournées d’hologrammes, mais aux dernières nouvelles, cela marche surtout pour les artistes morts.

Dur dur d’être musicien…

Kevin-Robert-Thomson-Facebook.png

La difficulté d’être musicien, c’est sans doute ce qu’a inspiré Kevin Robert Thomson, guitariste du groupe alternatif Enablers, lorsqu’il a publié le message suivant sur Facebook en janvier 2018.

C’est avec beaucoup de regret que nous nous voyons contraints d’annuler notre tournée de 2018. Nous avons essayé de la mettre sur pied du mieux que l’on pouvait. Las, nous n’y sommes pas parvenus aussi bien pour des raisons d’agenda que de raisons économiques. Le fait est que dans le milieu DIY, le prix des entrées et des cachets proposés stagne depuis trop longtemps. Les mêmes 5 balles que vous avez payées en 1997 ont beaucoup moins de valeur en 2017. Si vous aimez voir des groupes dans des lieux sans videur, écran géant ou autres conneries du genre, faites savoir que vous êtes prêts à payer des entrées de 7 ou 10€ aux organisateurs de votre coin. Ce petit montant permettrait à tant de groupes de monter des tournées plus viables. Personne ne s’enrichit avec ça. Nous le faisons par amour de la musique, mais cela ne devrait pas se faire dans la douleur pour autant. Nous passerons donc notre été à écrire et enregistrer un nouvel album. On se verra alors en 2019 !
— Kevin Robert Thomson

Entre-temps, Enablers a effectivement enregistré un nouvel album, l’excellent Zones, qu’il est venu présenter au Magasin 4 en juin dernier. En attendant, ce message pointe une réalité intéressante toujours bien d’actualité.

Ces dernières années, beaucoup de salles ont sensiblement (et c'est un doux euphémisme) augmenté leurs tarifs. Une des justifications avancées est souvent l’inflation des cachets demandés qui sont maintenant l’une des principales (si pas la principale) sources de revenus pour un groupe. Pendant ce temps-là, les milieux alternatifs ont continué à pratiquer des prix les plus démocratiques possible. On croirait presque que la réalité économique n’a pas changé pour les artistes qui s’y produisent.

Il y a bien entendu plusieurs raisons derrière cela. On peut notamment pointer une volonté manifeste de rester accessible à un public qui n’est pas toujours des plus fortunés. Il faut aussi bien admettre qu’il peut être particulièrement difficile d’attirer un public vers une programmation plus pointue sans jouer la carte du prix convivial. Enfin, la structure de coûts des salles alternatives est souvent fort différente. Entre le recours à des occupations précaires, l’emploi massif de bénévoles attirés par la perspective de bières gratuites ou le respect relatif des normes sanitaires, il y a une multitude d’options pour réduire les frais de fonctionnement.

Cette politique de prix au plancher ne permet généralement pas d’offrir autre chose qu’un honnête défraiement quand vient l’heure du décompte final. Alors, il y a beaucoup de groupes qui s’en accommodent parfaitement. Il y a ceux qui jouent de toute façon uniquement pour l’amour et la bière fraîche. D’autres ont un talent inné pour boucler des tournées alternant dates bien payées et plans dans des squats où la générosité de l’accueil est inversement proportionnelle au cachet garanti. En attendant, le fossé entre les cachets proposés dans les milieux alternatifs et les autres se creusent. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres", penseront certains.

Musicien, un vrai métier ?

Pas si vite ! S’il est vrai que les têtes d’affiche sont souvent mieux rémunérées dans les salles non alternatives, ce n’est pas nécessairement le cas pour les groupes qui sont en bas de l’affiche, du moins, en Belgique. C’est de toute façon le cas qui nous intéresse.

C’est une réalité que connaissent peu de personnes extérieures à ce joyeux monde brinquebalant qu’est la musique. Prenons l'exemple du groupe invité à jouer une première partie dans une salle plus nantie, prestigieuse ou largement subsidiée (biffez les mentions inutiles). Ce groupe va rarement toucher plus que quelques centaines d’euros. 250 euros est le standard de facto actuel. 150 euros a été longtemps la norme. C’est un montant à facturer. Il appartient au groupe de trouver les astuces fiscales pour utiliser ce montant sans perdre trop en taxe. Si d'aventure les membres du groupe ont l’idée saugrenue de vouloir se payer de véritables salaires déclarés avec ce cachet, ils vont vite comprendre qu’ils seraient plus inspirés de se séparer et se lancer dans des carrières solos.

Nos voisins français sont beaucoup plus stricts sur la question. Comme l’explique très bien le magazine Gonzai dans un article publié sur son site il y a quelques années et toujours d'actualité, "la loi est claire : la présence de toute personne sur scène, en France, suppose un lien de subordination et donc, un salaire. Très concrètement, cela signifie l’obligation de verser un cachet net minimum de 85€ au musicien, soit un net employeur équivalent au double (170€ environ, charges comprises). Aucune dérogation ou presque n’est possible, la loi est la même pour tout le monde. Je vous laisse faire le calcul pour un groupe de 5 musiciens sur scène (la moyenne pour tout groupe de rock ne disposant pas en plus d’un flûtiste ou d’un ingé-lumière à la con projetant des visuels Winamp sur son laptop) : 85 € x 5 musiciens x 2 pour les charges = environ 800 €".

La complexité du modèle politique belge semble être une des explications derrière l’absence de pareille obligation dans nos contrées. Il existerait bien quelque part la définition d’un salaire minimum acceptable pour un musicien, mais personne ne sait vraiment quel niveau de pouvoir doit veiller à l'appliquer. C’est donc un peu l’anarchie. Des salles copieusement subventionnées peuvent ainsi se permettre d’engager des groupes et les payer de telle sorte qu’il leur est impossible d’avoir une existence légale. On se retrouve alors face au paradoxe suivant : les musiciens ne savent pas s’offrir un salaire alors qu’ils sont entourés d'une équipe de salariés (accueil, responsable communication, techniciens…) dont le travail dépend d’eux. Pour la petite cerise sur le gâteau proprement édifiante, sachez que certains tourneurs n’hésitent même pas à facturer leur 15% de commission sur ces cachets dérisoires, et ce, même s'ils avaient été payés par hasard au noir. Cette anecdote mériterait un autre article à part entière qu’on intitulerait "Musique & Magouilles en Belgique". On met l’idée de côté.

En attendant, si on devait commencer à garantir un salaire minimum pour les musiciens en Belgique, il y a fort à parier que ce serait cataclysmique pour le secteur. On hurlerait à l’holocauste culturel. On crierait haut et fort qu’il faut tout refinancer. Ce serait sans doute vrai et c’est vraisemblablement pour s’épargner pareil tollé que nos édiles politiques adoptent une attitude aussi attentiste. Rien de tel qu’une bonne vieille politique de l’autruche pour s’éviter les questions qui fâchent…

Un autre monde est possible ou pas

Pour revenir au cas du Magasin 4, si l’on devait respecter pareilles obligations, on serait contraint de ne programmer que des dates qui amènent du monde et font rentrer de l’argent. C’est un peu ce qu’il se passe en France d’ailleurs. On vous invite à lire l’article de Gonzai susmentionné pour plus de détails sur le cas français.

Alors, comment rencontrer ce besoin des artistes à être mieux payés ? Bonne question...

On pourrait adopter une logique d’extrême gauche en cherchant à mieux répartir les cachets. Une tête d’affiche ne pourrait dorénavant gagner qu’un maximum de 10 fois le cachet du groupe qui ouvre la soirée.

On pourrait penser naïvement qu'il suffit d'éduquer le public et lui faire comprendre que 20, même pour un concert alternatif, c'est donné !

On pourrait surfer sur l’urgence climatique en privilégiant les circuits courts. On ne programmerait que des groupes locaux ou des musiciens internationaux qui font attention à leur empreinte carbone. La prochaine fois que Kevin Robert Thomson cherchera à monter une tournée d’Enablers, on lui demandera de traverser l’Atlantique en voilier et tourner avec des vélos cargo.

On pourrait aussi jouer les méchants capitalistes en répondant tout simplement que ce n’est pas aux salles de concert de combler l’effondrement du marché du disque.

Si vous avez d’autres idées, n’hésitez pas à les partager.

En attendant, on n'a pas d'autre choix que de continuer comme maintenant. De toute façon, il y aura toujours des groupes qui s’en accommoderont, car l’envie de jouer est plus forte. Pour les autres, il y aura des tournées reportées ou des pays ignorés des calendriers de tournées, car trop fauchés.

Par contre, la prochaine fois que vous vous dites que 10 euros, c’est trop cher pour 3 groupes ou que 50 cents, c’est suffisant pour une entrée à prix libre, dites-vous que vous êtes particulièrement ingrat.

Ça bim, ça boum et SABAM !

Cet article a été publié initialement dans la seconde édition du Magazine 4 (le fanzine officiel du Magasin 4).
Etant derrière un label sans but lucratif et organisant pas mal de concerts alternatifs, je pense avoir un avis plus ou moins pertinent sur la problématique posée par la gestion des droits d'auteur.  Alors quand est venue l'heure de s'arrêter sur le sommaire  du Magazine 4 #2, j'ai proposé ce sujet, la fin de la saison dernière ayant été marquée par une manifestation de taille dénonçant les abus d'une société de gestion de droits d'auteur belge, bien connue des rubriques faits divers culturels.

Merci à Baba et Anaïs pour la relecture et l'illustration ! 

S’il vous arrive de perdre votre temps sur Facebook, il est fort probable que vous ayez vu passer l’événement ANTI-SABAM Rave Street, il y a quelques mois.  L’événement est parvenu à attirer plus de 17.000 intentions de participer. La SABAM s’est même sentie obligée de réagir par voie officielle.

Petite parenthèse, pour ceux qui ne connaîtraient pas la SABAM, sachez que derrière cet acronyme, se cache la Société d’Auteurs Belge (Belgische Auteurs Maatschappij). Elle a pour vocation de faire payer l’utilisation d’œuvres audiovisuelles  (nous nous limiterons au domaine de la musique ici) et redistribuer (si possible) les montants collectés aux auteurs concernés.

Mais qu’a donc fait la SABAM pour s’attirer l’opprobre de 17.000 manifestants virtuels ? La réponse à cette question dépend fortement de la personne interrogée. Vous trouverez  donc ici une réponse parmi d’autres. Nous n’avons pas l’intention d’être exhaustifs.  La réalité est un poil plus  alambiquée, mais l’idée est là.

Pour faire simple, faisons une comparaison avec un exemple récent que tout le monde doit connaître. Si nos manifestants virtuels étaient grecs, la SABAM serait leur Angela Merkel.  On reproche donc à Angela Sabam sa volonté inflexible de faire payer des gens sans le sou, voire carrément exsangues, à coup de règles opaques ne profitant qu’à ceux qui n’en ont pas besoin.

L’exemple Goldman (pas Sachs)

Pour bien comprendre quel est le rôle de la SABAM, prenons un exemple. Céline Dion, l’artiste post-rock canadienne expérimentale culte, est très talentueuse. Malheureusement, Céline Dion a développé une addiction aux chaussures (plus de 3000 paires dans sa collection selon les magazines spécialisés).  Ce mal l’empêche de se consacrer pleinement à l’écriture de ses chansons. Elle a donc fait appel à Jean-Jacques Goldman, le célèbre poète anarcho-punk  français. Jean-Jacques écrit donc des chansons pour Céline pour que celle-ci ait le temps de gérer sa collection pléthorique de chaussures.  Aussi anti-système soit-il, Jean-Jacques  aime l’argent et ne veut pas travailler gratuitement. Il demande donc un salaire à Céline. Cette dernière ne veut pas trop dépenser dans l’opération (argent dépensé = chaussures en moins). Elle lui offre un petit montant et lui garantit d’être reconnu en tant qu’auteur. Autrement dit, dorénavant, chaque fois qu’un morceau de Céline sera joué quelque part dans le monde, Jean-Jacques touchera un petit quelque chose.

C’est là que la SABAM entre en scène, du moins pour la Belgique. Pour la France, il y a la SACEM. Pour l’Italie, c’est la SIAE. Bref, il existe une bande d’acronymes qui veille aux intérêts de Jean-Jacques.  Il y a des différences entre chacun d’eux, mais comme dit précédemment, nous n’avons pas la prétention d’afficher une rigueur scientifique.

En pratique, lorsqu’une radio italienne passe un morceau de Céline signé par Jean-Jacques, la SIAE réclame quelques euros à la radio, prend son pourcentage (de l'ordre de plus ou moins 25%) et envoie le reste à Jean-Jacques. Quand Céline se produit à la Villette Sonique, la SACEM passe par là. Quand un coiffeur belge passe du Céline pour appâter (ou effrayer, c’est selon) des clients, notre SABAM nationale se sert dans la caisse du coiffeur. Lorsqu’une maison de disque décide de sortir physiquement des chansons de Céline (Quelle drôle d’idée !), c’est encore la société d’auteurs concernée (géographiquement parlant) qui appliquera une petite taxe sur chaque exemplaire pressé et transmettra une partie à Jean-Jacques.   Quand une chaîne télé utilise un morceau du duo franco-canadien comme fond sonore dans un reportage, c’est encore un de ces acronymes qui veille à récolter et donner une part de la recette à Jean-Jacques.

Jusqu’ici tout va bien (et on n’a pas encore la haine)

Finalement, il n’y a pas grand-chose à redire à l’exemple ci-dessus. Nous pouvons bien entendu discuter sur la pertinence de faire payer les radios qui, dans certains cas, peuvent être vues comme une aide à la promotion, ou un magasin dont la musique passée en fond sonore n’est souvent pas l’argument de vente.

En attendant,  aurions-nous donc tort d’en vouloir tant à la SABAM ? Cela paraît légitime qu’on ne puisse pas utiliser gratuitement de la musique à des fins commerciales, non ?.

bim_bam_boum-middle2.png

Oui mais non...

Le gros reproche que l’on peut faire à la SABAM est  justement qu’elle se moque complètement de la finalité. Il faut payer dès qu’une musique est utilisée, et ce, que cela soit à des fins commerciales ou non.  Grosso-modo, il existe une  seule exception à cette règle  : la musique jouée dans le cadre strictement familial . Théoriquement, la SABAM  pourrait même vous demander de passer à la caisse si vous invitiez un ami à écouter de la musique.  Ce principe donne lieu à de nombreux exemples aberrants  qui sonnent parfois comme des légendes urbaines. Vous en avez déjà surement entendus. 

Prenons un exemple édifiant parmi d’autres. Il y a quelques années, la SABAM est parvenue à imposer le paiement de droits d’auteur à toute entreprise de plus de 9 employés à temps plein, et ce, peu importe que les locaux soient accessibles au public ou non.  Les entreprises dont les collaborateurs ont un véritable lien familial sont la seule exception possible. Pour couronner le tout, ce nouveau régime est aussi appliqué aux sociétés de transport. Pas grave si leurs employés sont des chauffeurs routiers, ils ont sûrement un auto-radio!

N’espérez pas non plus vous cacher derrière la notion d’usage privé. Comme écrit précédemment, tant que votre événement privé ne se limite pas à votre famille, vous êtes susceptible d’avoir la visite de la SABAM ! Cet attachement à la famille laisserait presque penser que les employés de la SABAM sont de gros bigots!

Après, si tous ces montants collectés étaient vraiment bien redistribués, on pourrait encore se dire que cela sert la beauté de l’art.  Malheureusement, on en est bien loin.  Tous les montants sont récoltés sur base forfaitaire. Ils sont ensuite repartis suivant des statistiques de diffusion. Tant pis pour le bar dont les employés ne passent que du harsh noise expérimental ou le disquaire accro au math rock serbe. C’est peu probable que les auteurs de ces musiques de niche figurent dans les statistiques utilisées pour diviser le gâteau.

Live is life

Pour finir, attardons-nous sur le cas des concerts, problématique qui concerne directement le Magasin 4.

Quiconque a déjà organisé des concerts sait que c'est une des méthodes les plus efficaces pour perdre de l'argent. Peu de spectateurs s'en rendent compte, mais il est très rare d'atteindre l'équilibre, ne parlons même pas d'un bénéfice.

Dans ce schéma- là, la SABAM est un clou de plus dans le cercueil "bilantaire" de l'organisateur. Elle se moque complètement de votre résultat. Les montants qu'elle demande seront soit proportionnels aux entrées, soit calculés sur base de la superficie de la salle. Par exemple, un organisateur à l'origine d'un événement qui a péniblement attiré 30 personnes, dans une salle pouvant en accueillir 600, verra sa facture basée sur la dimension de la salle. Sûrement pour bien faire comprendre à l'organisateur qu'il est inutile de voir trop grand...

Il est difficile de se soustraire à l’obligation de s'acquitter de droits d'auteur. Dès qu'un membre d'un groupe programmé est affilié à une société d'auteurs, il faut passer à la caisse. Ce membre a beau être le signataire des morceaux qu'il joue sur scène, la SABAM le traitera comme deux personnes différentes : l'auteur et l'interprête. Après ça, on ne s'étonnera plus du caractère schizophrène de nombre d'artistes sur la route. 

Pour couronner le tout, sans suprise avons-nous envie d'écrire, la SABAM ne tient que vaguement compte de la proportion d'artistes affiliés ou pas dans une programmation. Si vous êtes derrière un festival dont l'affiche compte 10 groupes et que seul un dans le lot est concerné par l'acquittement de droits d'auteur, la SABAM ne déduira que 2/3 du montant facturé et non 9/10. Nous vous conseillons vivement de ne pas chercher à comprendre. L'abus de SABAM peut nuire gravement à la santé!    

Il y a cependant un point positif au niveau des concerts. L'organisateur est tenu de leur communiquer les listes des morceaux joués. L'argent collecté est donc théoriquement bien redistribué. Nous avons reçu cependant de nombreux témoignages de groupes étrangers nous indiquant que c'est loin de s'effectuer  automatiquement.

Le meilleur des mondes

A ce stade de l'article, vous avez normalement compris pourquoi la SABAM est devenu l'ennemi public numéro un pour beaucoup d'amateurs de musique. 

Le gros hic  ? Cela fait des dizaines d'années que la situation perdure et que des associations se sont faites et défaites pour qu'une solution se dégage. La SABAM a rarement, voire jamais, fait preuve d'ouverture à la discussion. Ce mode de fonctionnement enrichit un paquet de personnes (les administrateurs de la SABAM en premier) et il n'est donc pas difficile de comprendre pourquoi il est si égoïstement protégé.  

On peut toujours espérer qu'une formule adaptée à un usage non-commercial  de la musique voit le jour et que les énormes sommes d'argent amassées soient redistributées équitablement.  En attendant, quelle est la meilleure stratégie à adopter ?

Certains vous diront qu'il faut être affilié pour changer la machine de l'intérieur, de façon démocratique. Il est vrai que la SABAM est une société coopérative et que les affiliés ont théoriquement les outils pour faire entendre leurs voix. D’autres, dont pas mal au de personnes au Magasin 4 et nos amis du Barlok, tendront vers l'appel au boycott intelligent de la SABAM en essayant de travailler exclusivement avec des groupes non affilés et en expliquant bien aux groupes qu'il n'est pas impératif de s'y inscrire. Nous n'allons pas davantage développer ce raisonnement ici. Cela nécessiterait un article à part entière...

20 Years of Magasin 4 | 5 Years Of Cheap Satanism Records

In case you didn't know yet Magasin 4 is simply the best alternative venue in Brussels (Belgium).  Well actually it's the only one. The others have either closed their doors or become really elitist, crappy, mainstream or stupid (delete where not applicable) . 

Of course there's Café Central too but it's not really a venue. It's the coolest bar in Brussels before being a venue !

Magasin 4 is also the only place which allows structure like Cheap Satanism Records to exist.   Without it we would have never been able to organize all these events that had let us gain some exposure. There are even people who think we are an important label!

Long story short: Magasin 4 celebrates its 20th birthday this year. The folks behind it have decided to set up plenty of gigs. There will be o.a.  some bands of our catalogue (Germanotta Youth, Vitas Guerulaitis, Baby Fire, Joy As a Toy), bands we've already booked in the past (Part Chimp (yes they're back!), Peter Kernel, Jesus Is My Son, Mongolito)  and bands we are fond of (Marvin, Naplam Death, Zu, Shit and Shine, Child Abuse, Hammerhead, Vandal X, Ripit, Nah...) Take a look at their website to browse the full line-up.

Last but not least they have asked us to support one of their birthday parties. So we've decided to take the opportunity to celebrate our 5th birthday a little bit in advance on September 5th. Yes we'll be 5 years old in October!

The party will take play on September 5th and will bring you the most terrific line-up we've ever been associated ! See for yourself : Peter Kernel, Marvin, Joy As A toy, Le Singe Blanc, Mambo and our faithful Cha!Selektor (Lem, Lady Fucked Up, ex-Baby Fire)IT'S GONNA BE GREAT!

Dernières sorties disponibles sur cd1d

cd1d est le genre d'initiative qu'on crèverait d'envie de voir en Belgique. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une fédération (française) de labels indépendants dont la plus grosse vitrine est le site cd1d.com sur lequel vous pouvez acquérir facilement les productions de ses membres.

En attendant qu'on voie une pareille structure voir le jour en Belgique, on a décidé de jouer l’incruste et s'associer au modèle français.  Il vous est donc possible d'écouter, de commander ou de télécharger des sorties Cheap Satanism Records sur le site cd1d.com. C'est particulièrement intéressant si vous êtes basés en France ou que vous souhaitez faire des commandes incluant des sorties d'autres membres de cd1d. Nous vous invitons d'autant plus à y jeter un œil que nous venons d'y ajouter nos quatre dernières sorties : 10 pieces de Keiki, Google A Gun de Joy As A Toy, Xin de Hypo & EDH, Morire Per La Patria de Fuzz Ochestra

Cerise sur le gâteau pour les initiés: les versions digitales sur CD1D sont également disponibles en FLAC.